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Ecrits divers - Gabriel Saillen

Nord magnétique

Bloc-notes — Posté par saillen @ 16:21

Echappée en plein nord,

Marmoréenne, sous le givre qui dort,

Amazone faiseuse de tragédies,

C’est l’amour qu’elle congédie. 

Une beauté de piedestal,

Mais un cœur boréal,

Et nul brise-glace pour atteindre cette banquise,

Ce septentrion, cimetière sans église. 

Quel drame à l’origine de cette douleur,

Quelle souffrance a produit ce crève-cœur ?

Serait-elle émue par quelques sanglots ?  

Non, elle a fait de ce cœur un yoyo,

Jeté d’une falaise au bout d’une ficelle.

Et quand il se lasse de battre pour elle,

La furie le frappe d’uppercuts…

Alors… Avant qu’il ne chute,

Elle se décide enfin à porter le coup de grâce.

Et laisse l'espoir se briser sur la glace.

 

 

Tout y parlerait à l'âme en secret sa douce langue natale... (Baudelaire)

Bloc-notes — Posté par saillen @ 13:46

Fastueuse et somptueuse la beauté qui s’attache à tes pas.

Elle dessine autour de ton corps mille séductions de voleuse d'âme.

Elle prend naissance dans les expressions de ton corps, de ton visage et dans tes airs ombrageux qui veulent donner l’illusion de la détermination, protection factice contre les importuns…

Elle continue le long de ta nuque, révélée par un chignon improvisé, à la fois fragile et fièrement tenue. 

Ta beauté me réjouis toujours autant et mon coeur bat la chamade à chaque fois que tu lui parles le dialecte de la passion...


Au-delà du miroir

Bloc-notes — Posté par saillen @ 20:52

…Se coucher dans les herbes avec elle et regarder le ciel tant qu'il est possible de le faire, retourner en enfance… dans ses yeux de chat sauvage, clairs, translucides, l'infinie variation de ses sentiments. 

Et puis...Là, soudain, le reflet des nuages dans ses yeux et ne plus savoir ce qui est beau : la voûte céleste au-dessus ou la profondeur de son regard ? Ne plus savoir que faire... Contempler l'arc azur avec elle ou plonger seul vers le soleil noir de sa pupille et le secret de son visage?

 

 

Chantilly

Bloc-notes — Posté par saillen @ 14:29

J'apprends que le diamant rose qui faisait partie du trésor des Condés avait été dérobé en 1926 au château de Chantilly et retrouvé par une femme de chambre dans l'hôtel fréquenté par les malfrats. Celle-ci avait croqué dans une pomme à l'intérieur de laquelle les voleurs avaient caché le précieux diamant.

Décidément, c'est biblique, les femmes aiment croquer dans les pommes.


Que savent les étoiles que l’on ignore ?

Bloc-notes — Posté par saillen @ 10:38

      

Altaïr, Deneb, Vega et Arcturus, vous chassez du ciel de ma passion Regulus, Procyon et Betelgueuse, étoiles d’un ciel d’hiver qui vient de fuir par le nord-ouest. Soleils aux noms évocateurs de voyages étranges et merveilleux, vous veillez à nos ébats, nous, pâles Terriens.

Ignorant ou non d’une astronomie plus compliquée encore que celle de l’astre féminin, il se peut que quelques uns demeurent subjugués par ce plafonnier de discothèque géant. Il nous assure la fête toute l’année mieux qu’à Ibiza. Tiens ! Ibiza, drôle de nom, personnellement je préférais Barbizon, le « z » sonne pareil et c’est moins con…De plus, ils savaient faire la fête aussi, nos peintres barbus impressionnistes de 1860…

 

Altaïr, Deneb, Vega et Arcturus, que faisiez-vous durant ce doux été 1857 durant lequel Millet peignait ses "glâneuses" ? Regulus, Procyon, Betelgueuse, où étiez-vous, mes chères vieilles étoiles, pendant que le peintre Lavieille terminait "Barbizon sous la neige" en 1855 ?

Quel mystère qu’en chaque instant du passé, du présent et du futur corresponde une position unique des astres dans le ciel, et au-delà du visible, dans l’univers tout entier.

 


Vie trop chère

Bloc-notes — Posté par saillen @ 14:18

Dent de narval cognant à la cage de mon cœur,

Me racontant des histoires de licorne où il n’y a que légendes… 

Si tu as déjà vu la mer luminescente la nuit sous l’effet des noctiluques et que tu t’y es plongé, si tu t’es déjà enivré d’huiles d’épicéa et de cèdre ou du parfum plus rare encore du frangipanier, raconte moi ton histoire entre quatre yeux… 

Si tu connais le vent alizé, que tu as caressé la baleine propulsant son chant mélodieux et, si tu as vu l'aurore boréale sur un bout de Norvège, dis le moi, raconte moi, je te dirais moi aussi les souvenirs qui habitent mon âme.  

Si tu te rappelles de la fragrance du chèvrefeuille, d’une odeur de sous-bois après la pluie… Si tu te souviens même de ce que tu n'as pas fait encore, je t’enlève et te garde en otage, car il me faut voler mes rêves désormais, je n’ai plus les moyens des miens…


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