De sa belle mort
La vie est un fruit dont il faut jouir avant qu’il se flétrisse.
Et la mort lui donne son prix inestimable car le temps est compté.
Que reste-t il comme richesse alors à la vieillesse ? Aux confins de la vie, poussée vers l’exil de la mort après celui de la solitude?
Ses vertus sont édifiantes car les personnes âgées nous rappellent ce que nous serons bientôt.
Savons-nous ce que nous leur devons ? Elles sont restées, alors que d’autres sont parties, en première ligne, nous protégeant sur la liste des personnes dont c’est le tour.
Et faut-il leur en vouloir quand elles partent finalement, toujours trop tôt, nous poussant sèchement en avant à la place qu’elles occupaient alors.
Non, car elles ont tenu souvent jusque là par amour pour les leurs et quittent la vie pour la même raison.
Si nous étions attentifs, nous verrions que les anciens ne meurent pas par hasard, ils sentent le moment propice, ils attendent de revoir les leurs….Ils ne lâchent prise que quand il y a un sens à leur départ.
Alors ils ne meurent pas, ils s’en vont, tout simplement.
Ils ont à faire ailleurs.
