L’huile des nuits végétales recouvre son corps d’artifices et d’éclats.
La bataille livrée, leurs âmes libérées, l’improbable matin habille de sa lumière la peau de sa reine.
Alors, de la veine de sa vie, ses rêves s’échappent par flots pour retrouver le lit du premier jour, bien avant les barrages et les retenues.
Presque par miracle, presque naturellement, le vin sombre de sa nuit reprend calmement le cours de ce bras de fleuve asséché.
La rivière enfantine qui dérive dans son cœur est en route vers son destin.
A l’ultime frontière où les yeux peuvent porter, le serpent d’azur rejoint l’univers de la femme.
Son corps, espace infini, n’a plus que l’horizon de ses désirs comme seules limites.